La référence en hépatite C au Québec depuis 2003

La moitié des toxicomanes intraveineux sont infectés par le VHC ou le VHB et la prévalence des hépatites s’élève à 70 % dans certains pays. Pour enrayer ces contaminations, l’OMS propose 4 types d’action.

Genève, Suisse — L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a publié sur son site de nouvelles recommandations nationales destinées aux pays où il existe un risque important de propagation de l’infection par le VHB ou le VHC dans la population des toxicomanes.

La prévalence des hépatites est estimée à 50 % chez les personnes qui s’injectent des drogues et dans 12 pays, elle pourrait monter jusqu’à 70 %. C’est dans la Fédération de Russie, que la proportion de toxicomanes infectés est la plus importante (73 %), suivi de près par les Etats-Unis (72 %) et la Chine (67 %).

Dans le monde, 240 millions de personnes seraient infectées par le VHB, 170 par le VHC et 34 millions vivraient avec le VIH, selon les données 2011 de l’OMS. Parmi eux, 1,2 millions de personnes VHB positives et 10 millions de VHC seraient toxicomanes pour un nombre total de toxicomanes de 16 millions dans le monde selon l’OMS.

L’OMS recommande la mise en place de 4 types d’actions:

  • Proposer aux toxicomanes qui s’injectent de la drogue un protocole de vaccination accéléré contre le VHB. Cette procédure consiste à injecter à trois semaines d’intervalle, deux doses vaccinales. Dans le calendrier vaccinal habituel, le délai est de 6 mois entre les deux injections.
  • Inciter les utilisateurs de drogue à vérifier leur statut vaccinal et leur proposer des injections de rappel si nécessaire.
  • Mettre en place des programmes d’échanges de seringues et d’aiguilles et choisissant préférentiellement des modèles de seringues dans lesquels l’espace-mort (qui contient de l’air et peut abriter des virus en cas d’échanges de matériel) est le plus réduit possible.
  • Mettre en place des programmes de « prévention par les pairs » dans lesquels des toxicomanes volontaires sont sensibilisés aux risques infectieux et ont pour mission d’informer leurs pairs. L’OMS recommande que ces mesures soient appliquées par phases et que les choix soient fondés sur les ressources financières mobilisables.

L’organisation souligne que ces recommandations n’ont pas pour but de mettre en place des interventions psychologiques ou comportementales car aucune donnée expérimentale ne permet de confirmer le bien-fondé de ces approches en matière de prévention du risque infectieux.

Un parallèle avec les mesures préventives contre le VIH Les nouvelles recommandations sont assez proches de celles qui ont été adoptées pour la prévention du VIH chez les toxicomanes, la vaccination mise à part, bien sûr. Pour le Dr Golttfried Himschall (OMS), dans un communiqué de presse, « les mesures de prévention contre les maladies transmises par le sang sont bien connues et il est logique qu’en termes d’hépatites les recommandations soient assez proches de propositions adoptées pour le VIH.

En outre, chez les toxicomanes utilisant la voie sanguine, on peut établir un parallèle entre ces deux risques infectieux, leur prévention et même leur traitement ». Le partage de seringue est la principale cause de transmission d’agents infectieux chez les drogués. En dépit de recommandations de l’OMS, les programmes d’échanges de seringues et d’aiguilles sont encore insatisfaisants dans de nombreux pays. La vaccination contre l’hépatite B est par ailleurs efficace, bien tolérée et peu couteuse.

Pourtant, la couverture vaccinale reste très insuffisante pour les toxicomanes dans le monde. « Dans les pays où des mesures de prévention spécifiques destinées aux usagers de drogue par voie intra-veineuse ont été mises en place, le taux d’infection par le VIH dans cette population a nettement baissé. Il semble donc raisonnable de penser qu’un effet similaire pourrait être obtenu pour le VHB et le VHC », explique le Dr Ying-Lu (OMS) dans un communiqué de presse.

Article publié originellement par Medscape.com traduit et adapté par le Dr Isabelle Catala