La référence en hépatite C au Québec depuis 2003

Qu’est-ce que l’hépatite B?

L’hépatite B est une maladie du foie, causée par un virus, le VHB (virus de l’hépatite B). La transmission du VHB peut se produire lors de relations sexuelles (vaginales, anales, orales), un contact avec du sang infecté ou d’autres liquides organiques également infectés.

La majorité des personnes atteintes ne ressentiront aucun symptôme ou bien auront une jaunisse et se débarrasseront du virus ; seule 10 % de la population infectée développera une hépatite B chronique irréversible, pouvant provoquer avec le temps, une cirrhose, un cancer , un décès.

Un traitement est proposé dans certains cas et selon la gravité des complications de la maladie.

hepatite b, maladie du foie

Le VHB attaque directement le foie.

Un vaccin sûr et efficace contre l’hépatite B est disponible depuis 1982. Le vaccin se fait en 3 injections et est efficace dans 99% des cas chez les moins de 15 ans, et à 60% pour les personnes de plus de 50 ans. Il est donc recommandé de se faire vacciner le plus tôt possible.

L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) recommande une vaccination à la naissance. Au Québec les nouveau-nés peuvent être vaccinés dès l’âge de 2 mois.

Chez les patients.tes déjà infectés.ées par le VIH, le risque de développer une hépatite B chronique se situe entre 25 et 40 %. L’hépatite B est l’infection transmissible sexuellement et par le sang la plus répandue sur la planète et la plus meurtrière. Deux milliards d’individus, soit une personne sur trois dans le monde, ont déjà été en contact avec le virus. Actuellement, 350 millions de personnes sont atteintes d’hépatite B chronique. L’hépatite B provoque 2 millions de décès par an : c’est la deuxième cause de cancer dans le monde après le tabac.

Ces chiffres sont d’autant plus insupportables qu’il existe un moyen sûr et efficace de se protéger contre cette maladie : le vaccin.

Transmission: Comment contracte t-on l’hépatite B ?

Le virus de l’hépatite B est extrêmement contagieux : 10 fois plus que le virus de l’hépatite C, 100 fois plus que le virus du sida. Il peut survivre jusqu’à sept jours à l’air libre.

Le VHB se transmet par contact avec le sang et d’autres liquides biologiques (le sperme, les sécrétions vaginales, le lait maternel).

Si l’on n’est pas vacciné, on peut être contaminé par :

  • Un rapport sexuel (vaginal, anal ou buccogénital) avec une personne infectée ;
  • Le partage ou la manipulation de seringues et de matériel d’injection ou de reniflage (cuillère, coton, paille, etc.) ;
  • Le contact direct du sang d’une personne non contaminée avec le sang d’une personne infecté
  • La grossesse et/ou l’accouchement (transmission du VHB d’une personne enceinte contaminée à son nouveau-né) ;
  • Le partage de rasoirs, brosses à dents, ciseaux, coupe-ongles, pinces à épiler, bijoux de piercing, boucles d’oreille, etc.;
  • Le tatouage, l’acupuncture et le piercing réalisés sans les règles d’hygiène nécessaire (le matériel doit être à usage unique ou stérilisé à l’autoclave).

On ne peut pas être contaminé par la nourriture, l’eau ou l’utilisation commune de toilettes.


Comment évolue l’infection ?

Après une période d’incubation qui peut durer de deux à six mois, au cours de laquelle on ne ressent rien, le virus VHB déclenche une patite aiguë qui passe le plus souvent inaperçue. Pour 20 à 40 % des personnes, l’hépatite aiguë s’accompagne de symptômes plus ou moins marqués : fatigue, fièvre et refroidissements, urines foncées, selles liquides, jaunissement des yeux et de la peau (ictère), douleur au côté droit pouvant irradier dans le dos, parfois du prurit (démangeaisons).

L’hépatite aiguë dure de huit à douze semaines. Pendant cette période, même si l’on ne ressent aucun signe, la quantité de virus dans l’organisme est très importante : le virus est présent dans le sang, le sperme et les sécrétions vaginales. Après ces quelques semaines, neuf personnes sur dix éliminent le virus.

On ne traite pas l’hépatite B aiguë.

Dans les résultats d’analyse de sang, l’antigène HBs (signe de reconnaissance du virus) disparaît alors pour faire place à l’anticorps anti-HBs : sa présence témoigne de la guérison mais aussi de l’immunisation, généralement définitive, de la personne contaminée. En revanche, la maladie s’installe chez 10 % des personnes infectées : L’hépatite B devient alors chronique et plus ou moins active. L’antigène HBs reste présent et il n’apparaît pas d’anticorps anti-HBs. C’est pourquoi il est toujours nécessaire d’effectuer un contrôle sérologique six à huit semaines après le début d’une hépatite aiguë.

Les personnes immunodéprimées (patients.es soumis.ses à une chimiothérapie anticancéreuse, hémodialysés, malades du sida…) contaminées par le VHB ont un risque considérablement plus élevé de développer une hépatite chronique. La découverte d’une hépatite aiguë ou chronique doit amener à faire dépister et vacciner l’entourage.


Quels sont les symptômes de l’hépatite B chronique ?

La plupart des personnes atteintes d’hépatite B chronique ne ressentent rien de particulier ou n’ont que de gers symptômes. Certaines évoquent des signes qui ne sont pas caractéristiques : fatigue, nausées ou vomissements, douleurs articulaires et musculaires.

20 à 30 % auront des complications au niveau du foie voir une cirrhose. Leur risque d’avoir un cancer du foie est considérablement plus élevé que la normale.

Après plusieurs années d’infections certaines personnes ont des manifestations extra-hépatiques, des symptômes variés qui peuvent toucher d’autres organes.

Attention : Les lésions provoquées par le VHB peuvent être importantes même si l’on ne ressent aucun symptôme.


Est-ce une maladie à déclaration obligatoire ?

En effet le VHB est une maladie à déclaration obligatoire au Canada. Aussitôt le résultat reçu, le.la professionnel.le de la santé se doit d’informer les autorités de santé publique de la province.

Il faudra établir une liste des partenaires sexuels.les et des membres de l’entourage afin de prendre contact avec eux.elles et de les encourager à se faire dépister. En aucun cas le nom de la personne n’est révélé. Ces personnes seront seulement averties qu’elles ont été en contact avec une personne infectée et qu’on les invite à se faire tester et vacciner si elles ne le sont pas.

Au Québec, le PVSQ est un organisme communautaire qui offre un service rapide, confidentiel et gratuit pour notifier ses partenaires.


Le vaccin

Il existe un vaccin sûr et efficace permettant de prévenir l’infection. Ce vaccin, disponible depuis 1982, se fait en trois injections. Il fournit une protection contre l’hépatite B chez 90 à 95 % des personnes vaccinées. L’âge a une influence sur l’efficacité du vaccin avant 15 ans, le vaccin est efficace dans 99 % des cas ; après 50 ans, il est efficace chez seulement 60 % des personnes.

Il est recommandé de faire vacciner les enfants le plus tôt possible, de préférence en même temps que les autres vaccinations du nourrisson. Au Québec, les nouveau-nés peuvent être vaccinés dès l’âge de 2 mois. La vaccination contre l’hépatite B à la naissance ne présente strictement aucun risque.

 Le vaccin permet de réduire considérablement le nombre d’hépatites B chroniques, de cirrhoses et de cancers du foie. Dans les dix ans qui suivent la vaccination, il faut contrôler par une simple prise de sang l’efficacité du vaccin. Si ce n’est pas le cas, un boost sera nécessaire.

Si vos partenaires sexuels.les ne sont pas vaccinés.ées ou si vous ne connaissez pas leur situation par rapport au vaccin, l’utilisation systématique du préservatif est indispensable pour empêcher la contamination par le VHB. Et dans tous les cas pour vous protéger de toutes les autres maladies sexuellement transmissibles. En plus des bébés, toutes les personnes répondant à l’une des conditions suivantes devraient être vaccinées :

  • Les pré-adolescents.tes (11-13 ans), avant leurs premiers rapports sexuels;
  • Les personnes ayant des comportements à risque (rapports sexuels sans préservatif, multiples partenaires, partage d’aiguilles) ;
  • Les personnes habitant ou voyageant dans des régions ayant des taux élevés d’infection à VHB (Afrique, Asie, Amérique du Sud, Europe de l’Est).
  • Les professionnels.les de la santé.
  • Les PVVIH

Co-infection hépatite B et VIH

Si vous êtes atteint par le VIH, il faut systématiquement demander à votre médecin une recherche du VHB par PCR (si vous pensez avoir été en contact avec le VHB), car les simples tests de dépistage d,anti-corps ne suffisent pas pour obtenir un diagnostic fiable chez les personnes séropositives au VIH. Le mode de transmission commun au VIH et au VHB donne une prévalence élevée du VHB chez les personnes VIH+, surtout si leur taux de CD4 est bas.

En effet, plus de 80% des patients.tes séropositifs.ves au VIH ont été en contact avec le virus de l’hépatite B. L’infection par le VIH aggrave le pronostic de l’hépatite chronique B. Elle accélère la dégradation des cellules du foie et entraîne une moins bonne réponse au traitement.

Il existe des médicaments agissant sur les deux virus


Peut-on traiter l’hépatite B chronique si on est co-infecté.e VIH/VHB ?

On ne traite que les personnes ayant développé une cirrhose, ou bien avec des enzymes hépatiques élevés d’au moins 2 fois la normale (ALT, alanine aminotransférase,), ou encore des patient.tes plus âgés.es étant infectés.es depuis plus de 30 ans et présentant des manifestations extra-hépatiques (en dehors du foie) exemple les plus courants : la périartérite noueuse et les glomérulonéphrites.

Les traitements contrôlent uniquement l’évolution de la maladie en supprimant la reproduction virale dans le foie de la plupart des patients.tes traités.ées. Toutefois, le traitement peut être nécessaire durant des années, voir à vie.

L’interruption du traitement peut s’accompagner d’un rebond de réplication virale B et induire un éventuel retraitement.

Pour les patients.tes co-infectés.ées avec le VIH, le VHB n’accélère pas la progression du VIH et n’empêche pas une bonne réponse aux traitements antirétroviraux.

Il existe deux types de traitements:

  • L’interféron-alpha qui exerce son action en augmentant l’activité immune du corps contre le virus de l’hépatite B. Il est efficace pour inactiver l’infection par le VHB chez environ le tiers des patients.tes traités.ées.
  • Les antiviraux (analogues nucléosidiques) qui inhibent directement le virus en l’empêchant de se reproduire : Lamivudine (heptovir), Viread (ténofovir) et le Baraclude (entécavir).

Chez les personnes co-infectées VIH/VHB il est recommandé de choisir une thérapie anti-VIH avec du Truvada (ténofovir + FTC) ou du 3TC (lamivudine) car ces traitements sont efficaces aussi pour le VHB.

Des traitements de plus en plus efficaces mais pas de guérison.

Prévention et vaccination sont de mise.


Est-ce qu’il existe une Prophylaxie Post-Exposition (PPE) ?

Une personne qui a eu une relation sexuelle à risque ou un autre comportement à risque (par exemple, partage de seringues, piqûre accidentelle avec du matériel contaminé) peut recevoir une dose de gammaglobulines (anticorps). Les anticorps sont administrés par injection, dans un délai de 24 à 48 heures suivant le comportement à risque.

Pour plus d’information, il ne faut pas hésiter à consulter son médecin ou un professionnel de la santé


Texte – Laurence Mersilian, juillet 2005, révisé en septembre 2021

Sources :