La référence en hépatite C au Québec depuis 2003

(Traduction libre du résumé d’un article publié dans le Journal of Hepatology le 6 août 2020.)

Faits saillants : Avec seulement 10 ans encore pour atteindre les objectifs de l’OMS en élimination des hépatites virales, la COVID-19 a un impact sur les progrès; Un délai de 1 année dans les programmes en VHC pourrait causer des morbidités et mortalités excédentaires reliées au VHC; Un délai de 1 année pourrait causer 72 000 décès excédentaires du VHC; La plupart de ces décès seraient dans les groupes de classe de revenu basse-moyenne et les hauts revenus.

Contexte et objectifs : La maladie coronarienne 2019 (COVID-19) a mise une pression significative sur les systèmes de soins nationaux à un moment critique dans le contexte de l’élimination des hépatites. Des modèles mathématiques peuvent être utilisés pour évaluer l’impact possible de délais programmatiques sur le poids des maladies hépatiques. L’objectif de cette analyse était d’évaluer les changements incrémentiels dans les décès de complications au foie ou cancers du foie reliés au VHC, suivant une pause de 3 mois, 6 mois ou 1 an dans les programmes d’élimination des hépatites.

Méthodologie : Des modèles développés précédemment ont été adaptés pour 110 pays pour inclure un scénario de status quo ou « pas de délai » et un scénario « délai de 1 an » assumant des perturbations significatives dans les interventions (dépistages, diagnostics et traitements) en 2020. Les modèles de résultats annuels à l’échelle nationale ont été extraits, puis des moyennes pondérées ont été utilisées pour calculer les estimations régionales (par groupes de revenus selon la Banque Mondiale et l’OMS) et globales de 2020 à 2030. Les changements annuels incrémentaux dans les résultats ont été calculés en soustrayant les estimations « pas de délai » des estimations « délai de 1 an ».

Résultats : Le scénario « délai de 1 an » résulte en 44 800 (intervalle d’incertitude de 95% : 43 800-49 300) en cas excédentaires de carcinomes hépatocellulaires et dans 72 300 (intervalle d’incertitude de 95% : 70 600-79 400) en décès excédentaires reliés au foie, en comparaison au scénario global « pas de délai », de 2020 à 2030. La plupart des traitement perdus seraient dans des pays à revenus moyens-bas, alors que l’endroit avec le plus d’excédents en carcinomes hépatocellulaires et en décès reliés au foie seraient dans les pays à haut revenus.

Conclusions : L’impact de la COVID-19 s’étend au-delà de la morbidité et mortalité directe associé à son exposition et son infection. Pour mitiger les impacts sur les programmes en hépatites virales et réduire les décès excédentaires reliés à des délais de traitement, les personnes élaborant les politiques devraient prioriser les programmes en hépatites dès qu’il redeviendra sécuritaire de le faire.

Récapitulatif (Lay Summary) : La COVID-19 a résulté dans le ralentissement ou l’arrêt complet de plusieurs programmes d’éliminations des hépatites. Un délai de 1 an dans les diagnostics et traitements en hépatites pourrait résulter dans 44 800 cas additionnels de cancers du foie et 72 300 décès du VHC globalement en 2030. Des pays se sont engagés pour l’élimination des hépatites virales en 2030, alors leur attention devrait retourner vers les programmes en hépatites aussitôt que ça deviendra approprié.

RÉFÉRENCES

Sarah Blach, Loreta A. Kondili, Alessio Aghemo, Zongzhen Cai, Ellen Dugan, Chris Estes, Ivane Gamkrelidze, Siya Ma, Jean-Michel Pawlotsky, Devin Razavi-Shearer, Homie Razavi, Imam Waked, Stefan Zeuzem, Antonio Craxi; Received 11 June 2020; received in revised form 17 July 2020; accepted 27 July 2020; available online https://doi.org/10.1016/j.jhep.2020.07.042