La référence en hépatite C au Québec depuis 2003

Décidément tout va très vite en hépatite C, ce genre de traitement annoncerait-il la fin du génotypage? Une combinaison de Sofosbuvir+ Velpatasvir qui semble très prometteuse, voir article ci-dessous.

vhc au microscopeSur les 170 millions de personnes atteintes d’hépatite C dans le monde, la moitié environ a un génotype autre que le génotype 1. Les antiviraux actuellement recommandés pour le traitement de l’hépatite C ne sont pas tous également efficaces sur tous ces génotypes, ce qui oblige à des déterminations pré-thérapeutiques des génotypes et des sous-types. Cela constitue un obstacle dans certains pays à faibles revenus et contribue à limiter l’accès aux soins. Un traitement qui serait efficace quel que soit le génotype permettrait d’éviter ces tests préliminaires.

C’est dans cet objectif qu’une équipe internationale a mené un essai randomisé de phase 3, en double aveugle contre placebo, incluant 740 patients atteints d’une hépatite C de génotypes 1, 2, 4, 5 ou 6, qu’ils aient déjà été traités ou non, certains d’entre eux ayant une cirrhose compensée. Les uns (n = 624) ont reçu 1 fois par jour une association fixe de 400 mg de sofosbuvir et 100 mg de velpatasvir, pendant 12 semaines. Les autres recevaient un placebo.

Taux de réponse virologique soutenue, 99 {bf9c71529367240c88a360320ad4885ead3ba306b19aaca1bcdec306db839c04}…quel que soit le génotype 1, 2, 4 5 ou 6

Le constat est sans appel. Le taux de réponse virologique soutenue (ARN viral < 15 UI/ml 12 semaines après la fin du traitement), est en effet de 99 {bf9c71529367240c88a360320ad4885ead3ba306b19aaca1bcdec306db839c04} dans le groupe recevant la combinaison de molécules (intervalle de confiance à 95 {bf9c71529367240c88a360320ad4885ead3ba306b19aaca1bcdec306db839c04} 98 à >99). Seuls 2 patients de ce groupe ont connu un échec thérapeutique, tous deux porteurs du génotype 1, l’un sans cirrhose n’ayant jamais été traité, l’autre avec une cirrhose et un premier échec de traitement par peg interféron-ribavirine. Aucun échec de traitement n’est noté parmi les patients porteurs des autres génotypes. En revanche, aucune réponse virologique n’est obtenue chez les patients du groupe placebo.

Notons que 15 patients (2 {bf9c71529367240c88a360320ad4885ead3ba306b19aaca1bcdec306db839c04}) qui recevaient l’association fixe ont eu un effet secondaire grave, dont 1 décès dont la cause n’a pu être déterminée. Il n’est pas observé de différence dans le nombre d’effets indésirables peu sévères dans l’un ou l’autre groupe.

Les auteurs précisent que la présence d’un variant résistant n’est pas associée à un échec virologique : une réponse virologique soutenue est en effet obtenue chez 99 {bf9c71529367240c88a360320ad4885ead3ba306b19aaca1bcdec306db839c04} des patients qui avaient au pré-test un variant associé à la résistance NSSA. Ceci suggère que le test réalisé avant le traitement, destiné à repérer un variant résistant, n’a que peu d’intérêt dans le cadre du traitement par cette association sofosbuvir-velpatasvir.

Les patients exclus de cette étude, porteurs d’un virus de génotype 3, ou qui présentaient une cirrhose décompensée, feront l’objet d’une évaluation parallèle.

Dr Roseline Péluchon

RÉFÉRENCES

Feld JJ et coll. : Sofosbuvir and Velpatasvir for HCV Genotype 1, 2, 4, 5, and 6 Infection.
New Engl J Med., 2015; publication avancée en ligne le 16 novembre. DOI: 10.1056/NEJMoa1512610