La référence en hépatite C au Québec depuis 2003

Le manque d’information pourrait nuire au diagnostic et au traitement

La situation actuelle de l’hépatite C au Canada et les résultats d’un nouveau sondage national mené auprès des médecins et de la population du pays sur la sensibilisation à cette maladie du foie, incitent la Fondation canadienne du foie (FCF) à encourager fortement les omnipraticiens à recommander à tous les adultes nés entre 1945 et 1975 de faire un test sanguin.

« Nous savons que les tests menés en fonction des risques n’ont pas permis d’identifier tous les adultes infectés et que, comme l’ont dit la majorité des médecins qui ont répondu au sondage, les patients ne sont pas assez nombreux à faire un test de dépistage de l’hépatite C, affirme le Dr  Morris Sherman, président de la FCF et hépatologue à l’Hôpital général de Toronto.

Puisque, de nos jours, les traitements peuvent guérir la majorité des personnes infectées, nous devrions être proactifs dans notre approche de dépistage de cette maladie chronique pour le groupe d’âge marqué par la prévalence la plus élevée. Le test de dépistage des anticorps de l’hépatite C n’est pas très coûteux et, en plus, il est couvert par toutes les polices d’assurance-maladie provinciales. »

Selon le sondage mené par Ipsos Reid, 83 % des omnipraticiens sont d’accord sur le fait que les patients pourraient profiter de tests de dépistage de l’hépatite C plus fréquemment. Les omnipraticiens avouent également ne connaître que partiellement la maladie et son traitement.

Seuls 35 % d’entre eux estiment bien connaître ses symptômes, tandis que presque 4 omnipraticiens sur 10 (38 %) disent ne pas bien connaître, voire ne pas connaître du tout les traitements disponibles. Plus de la moitié (57 %) d’entre eux ne savent pas que l’hépatite C peut être guérie.

Mettre l’accent sur les baby-boomers

Bien que nous puissions tous être exposés à l’hépatite C, des données canadiennes démontrent que l’hépatite C chronique est particulièrement présente chez les personnes nées entre 1945 et 1975. Effectivement, les baby-boomers ont jusqu’à cinq fois plus de risques d’être infectés par l’hépatite C que les autres adultes.

Pourtant, selon le sondage, les membres de cette génération au pays ont en moyenne été testés moins souvent que les personnes des générations plus jeunes. De plus, les baby-boomers représentent la génération qui dit en connaître le plus sur l’hépatite C, une affirmation bien loin de la vérité selon les résultats du sondage : ce seraient en fait eux qui en savent le moins à ce sujet.

« L’hépatite C est une maladie sournoise. Ses symptômes ne se manifestent parfois qu’après plusieurs années, une fois que le foie est gravement endommagé, explique le Dr Marc Bilodeau, hépatologue au CHUM . Étant donné le nombre important de personnes infectées, que la majorité de ces personnes sont asymptomatiques et les graves répercussions qui peuvent y être associées, le dépistage à grande échelle est justifié. Heureusement, presque tous les Canadiens accepteraient de faire un test de dépistage si leur médecin le leur recommandait. »

La FCF n’a pas limité sa recommandation de dépister les Canadiens qu’aux baby-boomers, elle a également tenu compte des vagues d’immigration provenant de pays où la prévalence de l’hépatite C est plus répandue.

Même si 9 personnes sur 10 au pays savent qu’il est possible d’être atteint d’hépatite C sans le savoir, ils ne font pas de test de dépistage pour autant. À vrai dire, même si plus de 300 000 Canadiens vivent avec l’hépatite C, par comparaison à environ 71 000 avec le VIH, le sondage démontre que les gens sont plus nombreux à faire un test pour le VIH/SIDA (32 %) que pour l’hépatite C (23 %).

Élaboration et méthodologie du sondage

Les résultats du sondage, qui a pris fin en septembre 2012, sont fondés sur 1 000 entretiens en ligne, menés à l’échelle nationale, auprès d’adultes de plus de 18 ans, ainsi que sur 300 entretiens en ligne avec des omnipraticiens. Cet échantillon provient du panel en ligne canadien d’Ipsos Reid en vue de refléter les données du recensement des adultes du pays ainsi que la répartition nationale des omnipraticiens. Etant donné la taille de l’échantillon, le sondage a une marge d’erreur de plus ou moins 3,5 % pour tous les Canadiens, et de plus ou moins 6,5 % pour tous les omnipraticiens, 19 fois sur 20, si la totalité de la population adulte et des omnipraticiens avait été interrogée.

Le sondage a été mené par Ipsos Reid au nom de la Fondation canadienne du foie. La FCF désire remercier Merck Canada pour le soutien offert à sa campagne visant à sensibiliser les gens à la grave maladie du foie qu’est l’hépatite C et à faire la promotion de la santé du foie.

À propos de l’hépatite

L’hépatite C est une maladie du foie grave et potentiellement mortelle. Plus de 300 000 Canadiens vivent avec l’hépatite C chronique sans le savoir. Les symptômes de la maladie peuvent apparaître que plusieurs années après qu’une personne ait été infectée. Si elle n’est ni diagnostiquée, ni traitée, l’hépatite C chronique peut entraîner une cirrhose, un cancer du foie ou une insuffisance hépatique. Dans certains cas, une greffe du foie peut même être nécessaire.

Pour contracter l’hépatite C, il suffit qu’il y ait contact sang à sang, par exemple s’il y a eu utilisation de drogues par voie intraveineuse (même une seule fois), transfusion sanguine avant les années 1990, participation à des interventions médicales ou à des vaccinations dans les pays où l’hépatite C est courante, partage d’objets de soins personnels (rasoir, coupe-ongles) ou tatouage ou perçage à l’aide d’accessoires mal stérilisés.

La FCF encourage les omnipraticiens à en apprendre davantage sur le dépistage de l’hépatite C. Plusieurs outils leur sont offerts pour le dépistage, le diagnostic et le traitement à l’adresse http://www.liver.ca/fr/liver-education-liver-research/resources-health-professionals. Les Canadiens qui désirent de plus amples renseignements sur l’hépatite C peuvent également se rendre sur le site Web de la FCF au www.liver.ca/fr/hepatitis.

À propos de la Fondation canadienne du foie

Fondée en 1969 par un groupe de médecins et de chefs d’entreprise préoccupés par l’incidence croissante des maladies du foie, la FCF a été le tout premier organisme au monde à se consacrer au soutien de la recherche et de l’éducation sur les causes, les diagnostics, la prévention et le traitement de toutes les maladies du foie. Par l’entremise de ses diverses sections de part et d’autre du pays, la FCF travaille pour la promotion de la santé du foie, l’amélioration de la sensibilisation et de la compréhension des maladies du foie, la collecte de fonds pour la recherche et le soutien aux personnes touchées par une maladie du foie.

Pour les demandes d’entrevue, veuillez communiquer avec :

Melanie Kearns
Fondation canadienne du foie
416-491-3353, poste 4923
mkearns@liver.ca

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