La référence en hépatite C au Québec depuis 2003

Qu’est-ce que la COVID-19 ?

La COVID-19 est une maladie infectieuse causée par un coronavirus nouvellement découvert.

D’après l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la plupart des personnes infectées par le virus souffrent d’un trouble respiratoire léger à modéré et guérissent sans avoir besoin d’un traitement. Les personnes les plus à risque de complications sont les personnes ayant un système immunitaire affaibli, les personnes atteintes de maladies chroniques telles que les maladies cardiaques, pulmonaires et rénales, ainsi que les personnes âgées de 70 ans et plus.

La COVID-19 et les hépatites virales

Depuis le début de la pandémie, une part importante des fonds et ressources destinés à la prévention et au traitement du VHC ont dû être redirigés vers la réponse au virus SARS-CoV2/COVID-19. De nombreux pays ont aussi eu recours à des périodes de confinement voire à des couvre-feux qui ont causé des interruptions des services de prévention et de traitement offerts aux personnes vivant avec l’hépatite C.

Une enquête menée par l’Alliance Mondiale contre les Hépatites dans 32 pays en 2020 montre les effets graves de la pandémie avec deux tiers des participant.es qui ont observé une baisse du nombre de dépistages. Au-delà de la question de la réallocation des ressources cette baisse peut aussi s’expliquer par une baisse de la fréquentation des institutions sanitaires par peur du COVID-19. Pour d’autres pays à faible ou moyen revenus, l’approvisionnement de traitement contre le VHC a aussi été mis en difficulté au début de la pandémie. 

Les pays affectés par le COVID-19 ont aussi dû reléguer les tests VHC au second plan pour donner la priorité aux tests COVID dans les laboratoires d’analyse, ce qui aggrave encore le retard pris au niveau des dépistages et entraine un retard dans la prise du traitement. Ce retard de début de prise de traitement est d’autant plus problématique avec le recours aux confinements qui contribue potentiellement à la transmission du VHC entre des proches qui se retrouvent confiné.es au sein d’un même domicile. 

En plus des effets négatifs sur les dépistages et l’accès aux traitement contre le VHC, la pandémie a aussi entraîné un arrêt des services de soutien psychologique et moral pour les personnes vivant avec le VHC. Ce qui peut encore d’avantage contribuer aux sentiments d’isolement et de stigmatisation ressentis par certaines personnes vivant avec le VHC et impacter négativement leur santé mentale. 

Suite à la réduction des activités économiques lors de la pandémie certains gouvernements se tournent, ou envisagent, d’avoir recours à des politiques d’austérité ; y compris pour des programmes touchant aux hépatites virales. Il y a donc un risque que des organismes communautaires perdent leurs financements et ne soient plus capable de remplir leurs missions auprès des communautés affectées. 

Notez que depuis l’automne 2020, nous avons ajouté une partie COVID-19 et hépatites virales à nos ateliers. Pour plus d’informations, vous pouvez écrire au administration@capahc.com.

Veuillez suivre les directives des autorités sanitaires locales afin d’obtenir les informations spécifiques à votre lieu de résidence. Vous pouvez également contacter les membres de l’Alliance mondiale de l’hépatite si vous avez des problèmes. Pour les contacter : www.worldhepatitisalliance.org/our-members

Effets du COVID-19 sur la santé des personnes vivants avec une hépatite virale

Étant donné que la pandémie du Covid-19 se poursuit, les effets du virus sur l’organisme de patient.es atteint d’autres pathologies comme les hépatites virales ne sont pas entièrement connus.  À ce stade les chercheur.ses peuvent observer des tendances, mais de nombreuses études restent à faire avant d’avoir une vision complète et de pouvoir donner des recommandations définitives.  

Une étude menée en collaboration par des médecins de Pittsburgh et d’autres villes américaines a mis en avant un risque plus important d’hospitalisation pour les personnes souffrant de COVID-19 et atteintes du VHC (24 %) que pour celles n’ayant pas le VHC (18%). Cependant les atteintes du VHC et COVID-19 ne présentaient pas de risque accru de devoir être hospitalisées en soins intensifs ou de mourir de l’infection. 

Les patient.es en rétablissement du COVID-19 présentent un niveau d’enzymes hépatiques dans le sang élevé. Les personnes vivant avec des pathologies hépatiques devront donc faire contrôler le fonctionnement de leur foie après leur guérison du coronavirus. 

La COVID-19 et les communautés à risque

Les communautés qui sont les plus à risque d’être atteintes d’une hépatite virale sont les personnes marginalisées et mal desservies par le système de la santé. De plus, elles seraient affectées de manière disproportionnée par le virus de la COVID-19. 

Les personnes qui utilisent des drogues (PUD)

Pour les personnes utilisatrices de drogues, le COVID-19 a entrainé une interruption des services comme les salles de consommation supervisée là où elles sont disponibles. Il en va de même pour les thérapies de groupe et autres programmes de réduction des méfaits qui dû s’arrêter ou passer en ligne ; ce qui laisse forcément des gens de côté.  

L’outil TrouveTonCentre répertorie les centres d’interventions en dépendance et usage de substances du Québec. C’est une plateforme communautaire qui vise à offrir un accès simple aux services de prévention, traitement, réduction des méfaits et distribution de naloxone.

Les personnes incarcérées

La situation sanitaire dans les prisons et autres établissements de détention s’est fortement dégradée pendant la pandémie. Par fonction, les prisons rendent la distanciation sociale compliquée et la taux de transmission du COVID-19 a été plus élevé pour la population carcérale que pour l’ensemble de la population dans de nombreux pays. 

Des services de prévention et de dépistages ont aussi dû être interrompu pour donner priorité aux dépistages COVID-19. 

Les personnes sans domicile fixe

Les personnes en situation d’itinérance qui dépendent des services d’accueil et des centres de jour pour leur approvisionnement en nourriture ou en habillement peuvent se voir enlever l’accès à ces services pendant la pandémie. Dans certaines régions, les services de proximité sont encore disponibles. De plus, de nombreuses personnes en situation d’itinérance n’auront pas accès à de l’information digitale ou autres moyens de télécommunication. La société civile joue donc un rôle important pour leur assurer un accès à de l’information adéquate à propos des modifications sur les services qui leur sont dédiés ainsi que sur les mesures de précautions de base pour réduire le risque de contracter la COVID-19.

Les personnes en situation d’itinérance peuvent également avoir un accès limité à des conditions d’hygiène et des installations sanitaires adéquates. De plus, il peut être difficile pour ces personnes de maintenir une distanciation physique ou sociale adéquate.

Santé mentale

La pandémie de la COVID-19 peut avoir un effet sur la santé mentale des individus. En effet, la pandémie et le confinement peuvent augmenter les inquiétudes et les angoisses. Les personnes vivant avec une hépatite virale peuvent déjà avoir des problèmes de santé mentale existants en raison de la stigmatisation causée par leur maladie. Il existe de nombreuses ressources disponibles pour ceux qui ont des problèmes de santé mentale pendant cette période.

Ressources et Contacts :

  • Vaccination : Au Québec, vous pouvez prendre rendez-vous en ligne pour vous faire vacciner contre le COVID-19.
  • Ligne d’information gouvernementale coronavirus : 1-877-644-4545 ou 514-644-4545 (sans frais)
  • Ligne d’information gouvernementale pour les personnes sourdes et malentendantes : 1-800-361-9596 (sans frais)
  • Service d’aide et de référence multilingue sur les ressources communautaires au Québec : 211
  • Ligne d’information sur les installations et services offerts par la ville de Montréal : 311

Comment puis-je me protéger ?

La plupart des personnes touchées par la COVID-19 ont des symptômes bénins et guérissent de la maladie, mais il y a des cas pour qui la maladie est plus sévère. D’après l’OMS, vous pouvez prendre soin de votre santé et protéger les autres en suivant ces quelques gestes barrières

Se laver les mains fréquemment

Nettoyez-vous les mains régulièrement et minutieusement avec du savon et de l’eau ou avec une solution à base d’alcool.

Pourquoi? Ce geste permet d’éliminer les virus qui peuvent se trouver sur vos mains.

Maintenir la distanciation physique (distanciation sociale)

L’OMS recommande de conserver une distance d’au moins un mètre (3 pieds) entre vous et toute personne qui tousse ou qui éternue.

Pourquoi ? Quand une personne tousse ou éternue, elle expulse des gouttelettes liquides qui peuvent contenir le virus. Si vous êtes trop proche de cette personne, vous pouvez respirer les gouttelettes, y compris le virus si la personne est infectée.

Eviter de se toucher les yeux, le nez et la bouche

Pourquoi ? Les mains entrent en contact avec de nombreuses surfaces, elles risquent donc plus probablement d’entrer en contact avec le virus. Une fois contaminées, les mains peuvent transférer le virus à vos yeux, à votre bouche ou à votre nez qui sont des portes d’entrée pour le virus vers votre corps. Cela peut donc vous rendre malade.

Pratiquer l’hygiène respiratoire

Assurez-vous que les gens autour de vous et vous-même suiviez une bonne hygiène respiratoire. L’OMS recommande d’utiliser son coude plié ou un mouchoir en papier en recouvrant sa bouche et son nez, lorsque vous toussez ou éternuez. Il faut ensuite immédiatement jeter le mouchoir en papier.

Pourquoi ? Les gouttelettes expulsées lorsque vous toussez ou éternuez peuvent contenir le virus. En suivant une bonne hygiène respiratoire, vous protégez les personnes autour de vous.

Si vous avez de la fièvre, de la toux et des difficultés respiratoires, demandez rapidement des soins médicaux

Restez à la maison si vous ne vous sentez pas bien. Si vous avez de la fièvre, de la toux et des difficultés respiratoires, consultez un médecin en appelant à l’avance. Suivez les instructions de votre autorité de santé locale.

Pourquoi ? Les autorités nationales et locales auront la plupart des informations à jour sur la situation dans votre région. Appeler à l’avance permettra à votre fournisseur de soins de santé de vous diriger vers la bonne ressource de santé. Cela vous protégera également et aidera à prévenir la propagation des virus.


Sources:

Butt AA, Yan P, Chotani RA, et al. Mortality is not increased in SARS-CoV-2 infected persons with hepatitis C virus infection. Liver International. 2021

Gay B, Maddori S, Gaudino A et Lovinger E. Hépatite C et COVID-19, des préoccupations mondiales. Treatment Action Group

Wang Y et al. SARS-CoV-2 infection of the liver directly contributes to hepatic impairment in patients with COVID-19. Journal of Hepatology. 2020

Cet article a été mis à jour en Octobre 2021.

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