La référence en hépatite C au Québec depuis 2003

L’hépatite C affecte de manière disproportionnée les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HARSAH) vivant avec le VIH. Une infime partie de HARSAH séronégatifs – plus particulièrement ceux prenant la PrEP – peuvent aussi être affectés. Cependant, l’introduction des antiviraux à action directe (AAD) a simplifié et amélioré les traitements de l’hépatite C de manière significative – les combinaisons d’AAD permettent d’obtenir des taux de réponse virologique soutenue (RVS) dans plus de 90 % des cas. De plus, le statut VIH du patient n’a pas d’effet sur l’efficacité des AAD.

Dans une étude menée par le Dr Brendan Harney, B. L., & al. (Clinical Infectious Diseases, 2021) de la Monash University à Melbourne (Australie), les résultats ont démontré que l’accès aux AAD pour guérir l’hépatite C a fortement fait baisser les taux d’incidence du VHC chez les groupes particuliers les plus affectés en Australie, comme notamment les HARSAH vivant avec le VIH. Une tendance similaire dans les infections de l’hépatite C a été observée pour les hommes séronégatifs sur prophylaxie préexposition (PPrE ou PrEP).

À partir de données extraites de la Australian Collaboration for Coordinated Enhanced and Blood-borne Viruses – ACCESS, les chercheurs ont observé les changements dans l’incidence de l’hépatite C (à savoir le nombre de nouvelles infections) parmi les HARSAH vivant avec le VIH et les individus séronégatifs, et ce, entre 2009 et 2019 et plus particulièrement parmi les HARSAH séronégatifs qui utilisaient la PrEP entre 2016 et 2019. Le paramètre principal mesuré dans cette étude a donc été le nombre de nouvelles infections à l’hépatite C, détectées à la suite d’un test de dépistage des anticorps anti-VHC ou d’un test d’ARN viral.

Un total de 6744 hommes vivant avec le VIH ont été inclus dans l’analyse, comprenant 33 150 personnes-années de suivi avec 290 nouvelles infections à l’hépatite C pour la période d’étude. Cela a produit une incidence totale de 1,03 par 100 personnes-années, avec la plus haute incidence enregistrée en 2010 (2,12 pour 100 personnes-années) et la plus basse enregistrée en 2019 (0,22 pour 100 personnes-années).

L’incidence a baissé de manière continuelle avec les années, à savoir de 60% en 2017, 35% en 2018 et 78% en 2019, en comparaison avec l’année 2015 de référence, où les AAD sont devenus accessibles en Australie.

Parmi les 20 590 HARSAH séronégatifs, l’incidence du VHC était de 0,20 pour 100 personnes-années, sans différence significative de notée à travers le temps. Parmi les 11 661 HARSAH séronégatifs sur PrEP, l’incidence du VHC a été de 0,29 pour 100 personnes-années. En comparaison avec l’année 2016, l’incidence parmi les HARSAH sur PrEP a décliné de 80% en 2019.

En conclusion, l’incidence du VHC parmi les HARSAH vivant avec le VIH a chuté à la suite de la mise à disposition des AAD, alors qu’il n’y avait pas de changement observé dans l’incidence du VHC parmi l’ensemble de tous les HARSAH séronégatifs et que parmi les HARSAH sur PrEP, l’incidence a décliné depuis les premières années d’instauration de la PrEP en Australie.

L’Australie serait donc sur la voie de l’élimination de l’hépatite C parmi la population HARSAH, selon les auteurs, et ce, bien avant les objectifs de 2030 fixés par l’OMS.

Traduit de l’anglais, source PNMVH Décembre 2021