Dévoiler son herpès génital au partenaire : 8 conseils

Dévoiler au partenaire son diagnostic l’herpès génital est l’une des plus grandes craintes vécues par les personnes vivant avec l’herpès. Cependant, cette crainte ne devrait pas empêcher quiconque de rencontrer à nouveau puisque toute personne est digne d’être en relation amoureuse, surtout que la majorité de la population est porteuse du virus !

Voici 8 conseils afin de faciliter la divulgation :

1) S’informer sur le sujet, avec de la bonne information. Il est important que vous soyez bien éduqué sur le sujet pour vous-même, mais également pour pouvoir répondre aux questions du partenaire lorsque vous allez lui dévoiler, car il est fort probable qu’il en ait ! Il est important que vous soyez sa première source d’information, car comme vous le savez probablement déjà, Internet est rempli de fausses informations sur l’herpès et cela peut plus faire peur qu’autre chose ! Pour vous informer et/ou informer votre partenaire, consultez des sites qui sont spécialisés en matière de santé sexuelle et n’hésitez pas à contacter ou à référer Info-Herpès à votre partenaire afin qu’on puisse répondre à toutes vos questions.

2) Laissez-vous le temps d’accepter votre propre diagnostic. Difficile de faire accepter à l’autre ce qu’on n’accepte pas soi-même. C’est en vous informant, en dédramatisant, en pardonnant et surtout en vous laisser du temps que vous allez commencer à accepter votre diagnostic.

3) Se préparer. Cela peut se faire de différentes façons, par exemple, vous pouvez vous pratiquer avec une personne de confiance afin d’avoir plus d’assurance lors du moment de la divulgation. Sinon, il est important de choisir le bon moment et le bon endroit pour le faire. Par exemple, le dire juste après une relation sexuelle n’est pas recommandé puisque la personne risque d’être mécontente de ne pas avoir été avertie avant. D’ailleurs, choisissez un lieu éloigné de distractions (pas au restaurant par exemple) où vous allez vous sentir plus à l’aise de dévoiler votre confidence ouvertement. De plus, l’honnêteté de le dire est souvent très bien perçue de la part du partenaire, cela démontre une belle valeur chez vous !

4) Choisir les bons mots. Eh oui, jouer avec les mots peut aider à rendre la situation moins dramatique, autant pour vous que vos partenaires ! Par exemple, utiliser le mot épisode au lieu du mot crise d’herpès ou bien être porteur de l’herpès, au lieu d’être infecté, trouvez-vous que ça sonne beaucoup mieux ? D’ailleurs, dire : « On m’a transmis l’herpès » au lieu de : « J’ai attrapé l’herpès » sonne beaucoup mieux et cela permet de vous déculpabiliser ! N’importe quelle personne active sexuellement court le risque de contracter l’herpès.

5) Aborder le sujet en parlant de feux sauvages. Eh oui ! Les feux sauvages, c’est de l’herpès labial et c’est pratiquement la même chose que l’herpès génital, mais à un autre endroit sur le corps. D’ailleurs, les feux sauvages peuvent se transmettre au niveau génital, alors pourquoi les personnes ayant de l’herpès labial n’ont pas cette même pression de le dévoiler à leur partenaire ? Car pourtant, près de la moitié des cas d’herpès génital serait attribué à l’herpès de type 1 (herpès labial). Bref, aborder la question des feux sauvages peut permettre de dédramatiser la situation étant donné que c’est quelque chose qui est connu de tous.

6) Normaliser avec des statistiques. Insistez sur le fait que c’est un virus très commun et que beaucoup de personnes sont porteuses, mais ne sont pas au courant (près de 80% des personnes vivant avec l’herpès ne le savent pas qu’elles l’ont) ! C’est l’une des infections sexuellement transmissibles la plus répandue. Selon l’Organisation mondiale de la Santé, on estime que 67% de la population de moins de 50 ans sont porteuses de l’herpès de type 1 et 11% sont porteuses du type 2. Mis ensemble, c’est presque 80% de la population qui vit avec le virus et les deux types sont transmissibles sexuellement.

7) Démontrer que vous contrôlez la situation. Il ne faut pas simplement dire que vous avez l’herpès, il faut dire qu’est-ce que vous faites avec ! Proposer et expliquer les méthodes pour réduire les risques. Connaissez-vous les différentes méthodes pour réduire les risques ? Savez-vous reconnaître vos symptômes ? Avez-vous une bonne hygiène de vie et prenez-vous vitamines afin de maintenir un bon système immunitaire ? Toutes ces choses peuvent faire en sorte que votre partenaire va se sentir davantage rassuré.

8) Suggérer la possibilité de participer à un groupe de soutien, à une rencontre avec une médecin ou une sexologue, ou bien d’appeler la ligne d’information Info-Herpès.
Si votre partenaire désire en savoir davantage sur la réduction des risques et sur les modes de transmission, proposez-lui des ressources ! Il pourra poser toutes ses questions et faire cela ensemble peut vous permettre de renforcer le lien de confiance dans la relation.

Sachez que si une personne vous rejette à cause de ce petit virus de peau porté par la majorité de la population, c’est qu’elle n’est tout simplement pas faite pour vous et que vous méritez mieux. D’ailleurs, cela en dit long sur l’ouverture d’esprit de cette personne ! Il se peut que la personne ait besoin de temps pour cheminer l’information, et il est important de comprendre cela. Plusieurs personnes ont été mal informées sur le sujet tout au long de leur vie ! Si cela se produit, laissez-lui du temps, vous en avez eu besoin vous aussi suite à votre diagnostic. Sachez que le pourcentage rejet suite à une divulgation de l’herpès est faible et que si une personne tient réellement à vous, elle va être capable d’accepter ce petit bobo que vous avez !

Andréanne Dupont
Bachelière en sexologie
Agente du projet Info-Herpès